Chomsky : Le genre d’anarchie auquel je crois et le problème avec les libertariens

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Le genre d’anarchie auquel je crois et le problème avec les libertariens

L’anarchisme “assume que le fardeau de la preuve revient à quiconque est en position d’autorité et de pouvoir” dit Chomsky.

Par Michael S. Wilson, Noam Chomsky / Modern Success 28 mai 2013
Adaptation du texte d’une entrevue parue originalement dans le magazine Modern Success

[Tant a été écrit et discuté par le professeur Chomsky que le défi était de trouver une nouvelle question : Comme avec les grands-parents à qui on ne sait quoi offrir puisqu’ils ont déjà tout.

J’ai choisi l’égoïsme et lui ai demandé ce que j’ai toujours voulu lui demander…]

Michael S. Wilson : Vous êtes, entre autres choses, un anarchiste auto-proclamé — un anarcho-syndicaliste plus précisément. La plupart des gens pensent aux anarchistes comme des jeunes punks désabusés tirant des cailloux aux vitrines des magasins, ou des hommes masqués lançant des bombes sphériques à de gros patrons. Est-ce une image exacte? Qu’est-ce que l’anarchie pour vous?

Noam Chomsky : L’anarchie est, selon moi, une espèce de tendance de la pensée humaine qui apparaît sous diverses formes selon les circonstances, avec quelques caractéristiques communes. D’abord c’est une tendance suspicieuse et sceptique face à la domination, l’autorité et la hiérarchie. Elle recherche les structures de la hiérarchie et de la domination partout, allant de la famille patriarcale par exemple jusqu’aux systèmes impériaux, et se demande si ces systèmes sont justifiés. Elle assume que le fardeau de la preuve revient à quiconque est en position de pouvoir et d’autorité. Leur autorité ne se justifie pas en elle-même. Ils doivent en donner la raison, la justification. Et s’ils ne peuvent justifier leur autorité, leur pouvoir et leur contrôle, ce qui est généralement le cas, alors cette autorité doit être démantelée et remplacée par quelque chose de plus libre et de plus juste. Et, comme je la comprends, l’anarchie n’est qu’une tendance. Elle prend différentes formes à différents moments.

L’anarcho-syndicalisme est une variante particulière de l’anarchie qui se souciait principalement, pas uniquement, mais principalement du contrôle du travail, du lieu de travail, de la production. Elle prenait pour acquis que les travailleurs devaient contrôler leur propre travail, ses conditions, qu’ils devaient contrôler l’entreprise pour laquelle ils travaillaient, avec les communautés, et ils devraient alors s’associer les uns aux autres dans des associations libres et… une telle démocratie devrait être un élément de base plus généralement d’une société libre. Et puis, vous savez, les idées sont développées à savoir comment exactement devrait-on y arriver, mais je crois que c’est là l’essence de la pensée anarcho-syndicale. Je veux dire, ce n’est pas du tout l’image générale que tu décrivais – des gens courant dans les rues, fracassant des vitrines de magasins – mais l’anarcho-syndicalisme est une conception très organisée de la société, mais organisée depuis la base par la participation directe à tous les niveaux, avec aussi peu de contrôle et de domination que possible, voire même aucun.

Wilson : Avec l’apparente chute de l’État capitaliste, nombreux sont ceux qui recherchent d’autres manières de réussir, de mener leur vie, et je me demande ce que vous diriez que l’anarchie et le syndicalisme ont à proposer de différent par exemple, au socialisme d’État, qui a failli dans sa proposition. Pourquoi devrions-nous choisir l’anarchie par exemple, plutôt que le libertarianisme?

Chomsky : Ce qui est appelé libertarien aux USA, qui est spécifiquement américain, ça n’existe pas vraiment ailleurs – un peu en Angleterre – permet un haut niveau d’autorité et de domination mais dans les mains du privé : Ainsi le privé doit être libre de faire comme bon lui semble. L’hypothèse c’est que par enchantement, le pouvoir privé concentré mènera à une société plus libre et plus juste. En fait, on y a cru par le passé. Adam Smith par exemple, un de ses principaux arguments pour les marchés, était que des conditions de parfaite liberté, les marchés mèneraient à la parfaite égalité. Nul besoin d’en discuter! Ce genre de –

Wilson : C’est encore disputé aujourd’hui…

Chomsky : Oui, et ainsi ce genre de libertarianisme, selon moi, dans le monde actuel, n’est qu’un appel à la pire des tyrannies, la tyrannie privée non responsable. L’anarchie est bien différente de ça. C’est un appel à l’élimination de la tyrannie, toutes les sortes de tyrannie. Incluant la sorte de tyrannie interne de la concentration des pouvoirs privés. Alors pourquoi devrions-nous préféré cela? Bien parce que je crois que la liberté est préférable à la subordination. Mieux vaut être libre qu’esclave. Il vaut mieux pouvoir prendre nos propres décisions que d’avoir quelqu’un qui les prend à notre place et nous les impose de force. Je veux dire, je ne crois pas qu’il y ait matière à discussion ici. Ça m’apparaît… transparent.

Ce qui devrait être discuté, ce qui nécessite une argumentation, c’est: Comment pouvons-nous au mieux aller dans cette direction? Et il existe plusieurs manières dans la société actuellement. Incidemment, une façon serait à travers l’État, dans la mesure où celui-ci est contrôlé démocratiquement. Je veux dire, à long terme, les anarchistes souhaitent l’abolition de l’État. Mais Il existe, au même titre que les pouvoirs privés, et l’État est, jusqu’à un certain point, sous contrôle et influence publique – Il pourrait l’être beaucoup plus. Et il fournit des outils pour contenir les beaucoup plus dangereuses forces du pouvoir privé. Les règles pour la santé et la sécurité en milieu de travail par exemple. Ou pour s’assurer que les gens ont des soins de santé décents, disons. Ça n’arrivera pas par le pouvoir privé. Bien au contraire. Mais elles peuvent apparaître par l’utilisation du système étatique minimalement sous contrôle démocratique…  pour mettre de l’avant ces mesures réformistes. Je crois que ce sont aussi de bonnes choses à faire. Ils devraient envisager bien plus, bien au-delà – en fait, réellement, une démocratisation à bien plus large échelle. Et non seulement est-il possible d’y réfléchir, mais aussi d’y travailler. Ainsi, un des proéminents penseurs anarchistes, Bakounine au XIXe siècle, a fait remarquer qu’il est bien possible d’ériger les institutions d’une société future au sein même de l’actuelle. Et il pensait à des sociétés beaucoup plus autocratiques que la nôtre. Et ça se fait. Par exemple, les entreprises contrôlées par la communauté et les travailleurs sont des germes de la société future au sein même de l’actuelle. Et ceux-ci non seulement peuvent-ils être développés, mais ils sont développés. Il existe des travaux assez importants par Gar Alperovitz qui est engagé dans le système entrepreneurial dans la région de Cleveland, contrôlé par les travailleurs et la communauté. Il y a de nombreuses discussions théoriques provenant de plusieurs sources à savoir comment cela peut fonctionner. Les idées les plus explorées sont dans la littérature et les discussions sur ce qu’on appelle les économies participatives. Et il y en a d’autres. Ceux-là sont au niveau de la planification et de la réflexion. Et au niveau pratique de l’implantation, il y a des étapes qui peuvent être franchies tout en s’assurant d’éviter le pire… les graves périls… causés par la concentration du pouvoir privé à travers l’utilisation du système étatique, du moment que le système actuel perdure. Alors il n’y a pas de moyens manquants pour la suite des choses.

Et pour le socialisme d’État, ça dépend de ce qu’on entend par là. Si c’est la tyrannie à saveur Bolchévique (et ses descendants), nul besoin de s’étendre sur le sujet. S’il s’agit d’une sociale démocratie plus étendue de l’État, alors les commentaires précédents s’appliquent. S’il s’agit d’autre chose, alors quoi? S’agit-il de placer  les processus décisionnels dans les mains des travailleurs et des communautés ou dans les mains d’une quelconque autorité? Dans le cas où ce serait dans les mains de cette dernière – encore une fois – la liberté est préférable à la subordination, et cette dernière a un lourd fardeau de preuve pour se justifier.

Wilson : Plusieurs vous connaissent pour votre développement, avec Edward Herman, du modèle propagandiste. Pouvez-vous brièvement décrire ce modèle et nous expliquer en quoi il est important pour les étudiants [collégiaux]?

Chomsky : Revenons d’abord un peu en arrière – un petit recul historique – à la fin du XIXe, et au début du XXe siècle, de nombreuses libertés avaient été gagnées dans certaines sociétés. Au pinacle de ce fait se trouvaient les États-Unis et la Grande-Bretagne. D’aucune manière des sociétés libres, mais au vu des autres standards, particulièrement avancées. En fait, tellement avancées que les systèmes de pouvoir – étatique et privé – réalisent alors qu’ils arrivent à un point où ils ne peuvent plus contrôle la population par la force aussi aisément qu’auparavant, et qu’ils devront alors se tourner vers d’autres moyens de contrôle. Et les autres moyens sont le contrôle des croyances et des attitudes. Et de cela est né l’industrie des relations publiques qui, à cette époque, se décrivait honnêtement comme une industrie de propagande.

Le gourou de l’industrie des relations publiques, Edward Bernays – incidemment plutôt un libéral à la Wilson-Roosevelt-Kennedy qu’un réactionnaire – le premier livre de l’industrie du PR (relations publiques) qu’il a rédigé dans les années ’20 s’intitule Propaganda. Et dans celui-ci, il décrit, correctement, l’objectif de l’industrie. Il dit notre objectif est de s’assurer que la “minorité intelligente” – et bien sûr, quiconque écrit sur ce sujet en fait partie par définition, par stipulation, alors nous, la minorité intelligente, sommes les seules personnes aptes à diriger les choses, puis il y a la vaste population là-bas, les “masses malpropres” qui, si nous les laissons à elles-mêmes, n’auront que des ennuis: Il nous faut donc, écrit-il, “fabriquer leur consentement”, trouver des moyens d’assurer qu’ils consentent à notre règne et notre domination. Et c’est l’objectif de l’industrie des relations publiques. Et ça fonctionne de plusieurs manières. Son premier engagement c’est la publicité commerciale. En fait, Bernays s’est fait un nom exactement à ce moment-là, – fin des années ’20 – en faisant une campagne publicitaire pour convaincre les femmes  de fumer la cigarette : Les femmes ne fumaient pas la cigarette, ce vaste groupe de personne que l’industrie du tabac n’arrive pas à tuer, alors il faut faire quelque chose. Il a alors remporté beaucoup de succès avec ses campagnes qui incitaient les femmes à fumer la cigarette : En termes modernes, on dirait que c’est cool fumer, c’est comme ça que tu deviens une femme moderne, libérée. Ça a très bien marché –

Wilson : Y a-t-il une corrélation entre cette campagne et ce qui se passe avec l’industrie du pétrole en ce moment et les changements climatiques?

Chomsky : Ce ne sont que quelques exemples. Ce sont les origines de ce qui est devenu une immense industrie de contrôle des attitudes et des opinions. L’industrie du pétrole aujourd’hui, et le monde des affaires en général, sont engagés dans de telles campagnes pour miner les efforts qui s’attaqueraient à un problème bien plus grand que le meurtre de masse causé par l’industrie du tabac; et c’était un meurtre de masse. Nous faisons face à une menace, une menace sérieuse, de changement climatique catastrophique. Et je ne blague pas. Et l’industrie pétrolière tente d’entraver les mesures pour y remédier pour son propre intérêt du profit à court terme. Et il ne s’agit pas que de l’industrie pétrolière, il s’agit aussi de la chambre de commerce des États-Unis – le plus grand lobby d’affaires – et d’autres, qui ont affirmé assez ouvertement qu’ils… ils ne disent pas propagande… mais au final il s’agit bien de campagnes de propagande pour convaincre les gens qu’il n’y a pas de réel danger et qu’on ne devraient pas s’en préoccuper outre mesure, et que nous devrions nous concentrer sur les choses vraiment importantes comme le déficit et la croissance économique – ce qu’ils appellent “croissance” – et ne pas s’inquiéter que l’espèce humaine marche vers un précipice qui pourrait se comparer à la destruction de l’espèce humaine; ou du moins la destruction de la possibilité d’une vie décente pour un grand nombre de personne. Et il y a plusieurs corrélations.

En fait, assez généralement, la publicité commerciale est fondamentalement un effort pour miner les marchés. Il faut le reconnaître. Si vous avez suivi un cours d’économie, vous savez que les marchés sont supposément fondés  sur des consommateurs informés qui font des choix rationnels. Prenez la première publicité que vous voyez à la télévision et demandez-vous… Est-ce son objectif? Non ce ne l’est pas. Il s’agit de créer des consommateurs désinformés qui font des choix irrationnels. Et ces mêmes institutions font des campagnes électorales. C’est sensiblement la même chose : Il s’agit de miner la démocratie en tentant d’amener des gens non-informés à faire des choix irrationnels. Et ce n’est qu’un aspect de l’industrie des relations publiques. Ce qu’Herman et moi discutions était un autre aspect de tout le système propagandiste qui s’est développé grossièrement à cette époque, et c’est la “fabrication du consentement”, tel qu’on l’a nommé, consentir aux décisions de nos politiciens, ou de nos leaders de l’économie privée, pour tenter de s’assurer que les gens ont les bonnes croyances et qu’ils n’essaient pas de comprendre la manière dont sont prise les décisions qui pourraient non seulement leurs faire du mal, mais faire du mal à plusieurs autres. C’est la propagande au sens commun. Et puis nous parlions des médias de masse, et de la communauté intellectuelle mondiale en général qui, dans une large proportion, s’y consacre. Non pas que les gens se voient eux-mêmes comme des propagandistes, mais… qu’ils sont eux-mêmes gravement endoctrinés par les principes du système, ce qui les empêche de percevoir plusieurs facettes qui sont à la surface, des facettes qui seraient subversives pour le pouvoir si elles étaient comprises. Nous donnons une foule d’exemples dans le livre et il y en a encore une foule que l’on pourrait mentionner jusqu’à aujourd’hui, des exemples cruciaux en fait. C’est une large part d’un système général d’endoctrinement et de contrôle qui parallèlement contrôle les attitudes et… les engagements consuméristes, et d’autres moyens de contrôler les gens.

Vous avez mentionné les étudiants plus tôt. Un des principaux problèmes pour les étudiants de nos jours – un immense problème – c’est la hausse fulgurante des droits de scolarité. Pourquoi avons-nous des frais qui sont complètement désaxés vis-à-vis d’autres pays, et même envers notre propre histoire? Dans les années ’50 les États-Unis étaient bien plus pauvres qu’ils ne le sont aujourd’hui et pourtant, l’Éducation supérieure était somme toute gratuite, ou à faible coût ou même sans coûts pour d’immenses pans de la société. Il n’y a pas eu de bouleversement économique nécessitant qu’aujourd’hui nous ayons des droits très élevés, bien plus que lorsque nous étions un pays pauvre. Et pour faire la démonstration encore plus clairement, si on regarde juste de l’autre côté de la frontière, le Mexique est un pays pauvre qui a pourtant un système d’éducation gratuit. Le gouvernement a tenté d’augmenter les droits de scolarité il y a environ une quinzaine d’années, et il y a eu une grève étudiante générale qui avait beaucoup de support populaire et le gouvernement a dû revenir sur sa position. La même chose vient d’arriver récemment au Québec, notre autre frontière. Traversez l’océan : L’Allemagne est un pays riche. Éducation gratuite. La Finlande a le meilleur système éducatif au monde. Gratuit. Virtuellement gratuit. Alors je ne crois pas que vous puissiez soutenir qu’il y a une nécessité économique derrière l’augmentation faramineuse des droits de scolarité. Je crois qu’il s’agit de décisions sociales et économiques prisent par les législateurs. Et ces hausses font partie, selon moi, d’un ressac qui s’est développé dans les années ’70 contre les tendances libératrices des années ’60. Les étudiants devenaient beaucoup plus libre, plus ouvert, ils s’activaient contre la guerre, pour les droits civils, les droits des femmes… et le pays s’est retrouvé beaucoup trop libre. En fait, les intellectuels libéraux l’ont condamné, parlant de “crise démocratique” : Nous devons avoir plus de modération démocratique. Ils ont demandé, littéralement, plus d’engagement envers l’endoctrinement des jeunes, leur phrase… nous devons nous assurer que les institutions pour l’endoctrinement des jeunes fonctionnent afin que nous n’ayons plus toute cette liberté et cette indépendance. Et de nombreux développements ont eu lieu par la suite. Je ne crois pas que nous ayons suffisamment de documentation directe pour prouver cette causalité, mais vous pouvez voir ce qui arrive. Une chose qui est arrivée c’est le contrôle des étudiants – en fait, le contrôle des étudiants pour le reste de leur vie simplement par le piège de l’endettement. C’est une technique très efficace de contrôle et d’endoctrinement. Et je suspecte – je ne peux prouver – mais je suspecte que c’est une large part  d’explication des droits de scolarité élevés. Plusieurs choses sont arrivées en parallèle. L’Économie au grand complet s’est transformée significativement pour concentrer le pouvoir, miner les droits des travailleurs et leur liberté. En fait, l’économiste qui a siégé à la tête de la Réserve Fédérale (NDLT: La banque centrale américaine) alors que Bill Clinton présidait les USA, Alan Greenspan – Saint Alan comme il était appelé à l’époque le grand génie de la profession économique, hautement honoré – a témoigné fièrement devant le Congrès qu’à la base de cette grande économie qu’il dirigeait était ce qu’il a appelé “l’insécurité grandissante des travailleurs”. Si les travailleurs sont plus insécures, ils ne feront pas certaines choses comme demander de meilleurs salaires et de meilleurs avantages. Et c’est sain pour l’économie d’un certain point de vue qui dit que les travailleurs doivent être opprimés et contrôlés, et que la richesse doit se concentrer dans très peu de poches. Alors oui, c’est une saine économie, et nous avons besoin de ‘insécurité croissante des travailleurs, et nous avons besoin de l’insécurité croissante des étudiants, pour des raisons similaires. Je crois que toutes ces choses s’alignent par une réaction générale – une réaction bipartite incidemment – contre les tendances libératrices qui se sont manifestées d’elles-mêmes dans les années ’60 et encore depuis.

Wilson : Finalement, je me demande si vous pourriez terminer avec un conseil pour les étudiants d’aujourd’hui.

Chomsky : Il y a une foule de problèmes dans le monde aujourd’hui et les étudiants font face à certains d’entre-eux, incluant ceux que j’ai mentionnés – le chômage, l’insécurité, ainsi de suite. Par contre, d’un autre côté, il y a eu du progrès. De plusieurs manières, les choses sont beaucoup plus libres et avancées qu’elles ne l’étaient… il n’y  a pas si longtemps. Tant de choses qui étaient matières à lutter, certaines à peine pensables disons, dans les années ’60, sont aujourd’hui… partiellement résolue. Le droit des femmes par exemple. Le droit des gays. L’opposition à l’agression. Le souci de l’environnement – qui est bien loin d’être rendu où il devrait être, mais bien plus avancé que dans les années ’60. Ces victoires pour la liberté ne sont pas arrivées comme des cadeaux d’en haut. Ils sont venus des gens qui ont lutté dans des conditions plus difficiles qu’elles ne le sont aujourd’hui. Il y a la répression de l’État maintenant. Mais c’est incomparable avec, disons, Cointelpro dans les années ’60. Les gens qui ne connaissent pas ça ont intérêt à lire et réfléchir pour comprendre.  Et ça laisse une foule d’opportunités. Les étudiants, vous savez, sont relativement privilégiés face à la population. Ils sont aussi dans une étape de leur vie où ils sont relativement libres. Et ceci offre toutes sortes d’opportunités. Par le passé, ce genre d’opportunités ont été saisies par des étudiants qui ont été à l’avant-scène de changements progressistes, et ils ont plus d’opportunités aujourd’hui. Ça ne sera jamais facile. il y aura de la répression. Il y aura des répercussions. Mais c’est ainsi qu’avance la société.

Source: http://www.alternet.org/civil-liberties/noam-chomsky-kind-anarchism-i-believe-and-whats-wrong-libertarians
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Am I just a human being?

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http://bit.ly/1lI0WFW

Have we actually found freedom?
Or have we lost it? because all we do is follow a system
and never really challenge it. Can you relate to that?
Or is the world too blind to see?

Arrête!

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STOPARRÊTE
Tu n’es pas une machine.

Ton design génétique naturel ne tolère pas 2-4 heures de transit quotidien,
8-12 heures de travail/esclavage 5-6 jours par semaine
pour une quelconque compensation monétaire
avec 5-6 heures de sommeil
dans un système fondé sur le principe de pénalité
et une vie sous surveillance, jugée.

Que tu le veuiles ou non
tu es humain.

Le stress, le harcèlement, les soucis financiers constants,
la peur et le sentiment d’être inadéquat détruisent
la santé humaine.

C’est scientifiquement prouvé.

Pourquoi alors acceptons-nous et tolérons-nous
un système qui, dans la réalité, demande que tu
oublis tes besoins et commettes effectivement
un lent et triste suicide pour le profit d’un autre?

Tu as un choix.

Arrête de prétendre le contraire.

The bathroom metaphore

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Came across this quote recently. Saved it. Now I wanted to share it with you.

«I will use what I call my bathroom metaphor. Two people live in an apartment and there are two bathrooms, then both have the freedom of the bathroom. You can go to the bathroom anytime you want, and stay as long as you want, for whatever you need. Everyone believes in the Freedom of the bathroom. It should be right there in the Constitution. But if you have 20 people in the apartment and two bathrooms, no matter how much every person believes in the freedom of the bathroom, there is no such thing. You have to set up times for each person, you have to bang at the door, “Aren’t you through yet?” and so on.The same way democracy cannot survive overpopulation. Human dignity cannot survive it. Convenience and decency cannot survive it. As you put more and more people into the world, the value of life not only declines, it disappears. It doesn’t matter if someone dies. The more people there are the less one individual matters.» -Isaac Asimov

This is what I mean to do, here on this blog

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I…

REFUSE to be terrified. REFUSE to fear. REFUSE to be controlled. Take YOUR life into YOUR own hands and find out what life is TRULY about, but do not live in fear.

Read more: http://thegic.org/video/i-refuse-to-be-terrified#ixzz2y2t0MfSC

Is anyone connecting the dots yet?

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The Bank[st]ers are literally killing themselves.

Dernière mise à jour | Latest update 2014.03.18

 Autumn Radtke, 28, the CEO Bitcoin exchange First Meta, was found dead on February 28 outside her Singapore apartment. She had jumped from a 25-storey building, authorities said.

 Li Junjie, 33, JP Morgan employee leaped to his death from the roof of the company’s 30-storey Hong Kong office tower, authorities said. Photos showed Junjie on the building’s roof moments before he jumped.

Gabriel Magee, 39, an IT vice president at JP Morgan fell to his death from the roof of the bank’s 33-storey office in Canary Wharf on 28 January.

Richard Talley, 57, founder of American Title Services was found dead on February 4 after apparently shooting himself with a nail gun.

Ryan Henry Crane, 37, a JP Morgan executive director, was found dead at his Connecticut home on February 3. The cause of death has yet to be determined.

Mike Dueker, 50, a chief economist at Russell Investments, was found dead at the side of a road in Washington State on January 31

Karl Slym, the 51 year old Tata Motors managing director was discovered dead on the fourth floor of the Shangri-La hotel in Bangkok on January 27

William Broeksmit, 58, was found hanged at a house in South Kensington, London on January 26. He was a former senior risk manager at Deutsche Bank.

Tim Dickenson, 39, was a UK-based director at Swiss Re AG who died in late January in yet-to-be-explained circumstances

Source: IBTimes UK archives
http://bit.ly/1lMKzon

What are some mindfulness techniques?

Aside Posted on Updated on

[from Quora.com]

Here are 11 ways I commonly use to introduce more mindfulness into my daily life. I hope you try them out for yourself and see the benefits!

1. One Minute of Mindfulness

You can introduce short ‘meditation minutes’ throughout your day. You will need a clock or timer for this exercise. Set the time for one minute. During this time, your task is to focus your entire attention on your breathing, and nothing else. You may practice with your eyes either open or closed. If you lose touch with breath and become lost in thought during this time, simply let go of the thought and gently bring attention back to the breath. Bring attention back as many times as you need too.

Minute meditations can be a wonderful practice for times when your start to feel a little stressed or aggravated. 

2. Mindful Listening – An Act of Love

When listening to another person we are often there in body, but not fully present. Very often, we are not focusing on listening to them; we are caught up in our own mind chatter. We judge what they are saying, mentally agreeing or disagreeing, or we think about what we want to say next.

Next time you’re with a loved one or co-worker, try using your time as an exercise in mindfulness. Don’t just hear their words; really listen to what they’re saying. Focus all of your attention on the other person. You’ll be amazed at the power of listening; it’s an act of love and kindness. People appreciate it deeply when you truly listen to them. You’ll also find that they’ll listen to you more fully when you speak.

3. Transformational ‘Chores’

Turn your ordinary household tasks into meditation sessions. For many of us, housework takes up quite a good portion of our lives. Instead of thinking of it as just a boring chore, the task can becomes a mindfulness ritual.

The next time you have to prepare dinner or do the laundry, focus all of your awareness on the task at hand, in the present moment. Aim to be fully engaged in what you are doing and not caught up in mind chatter or just rushing to the end of your task.

For instance, if doing the laundry, as you fold the clothes, don’t rush through it simply ‘getting it done’. Notice the feel and textures of the fabrics, or how fresh they smell. Pay attention to the patterns and colours and the way they are affected by the light of the room. Make folding into a sort of yoga practice and move with mindfulness, attentive to each fold.

In this way, every little act becomes a sacred ritual. It keeps you in tune with the moment, with yourself, your space and even the world around you—all functioning in harmony.

4. Eating With Awareness

Eating mindfully can help you reclaim the pleasure of food. So many of us have become out of touch with this, one of life’s most simple and wonderful pleasures. Mindful eating has been shown to aid weight loss and have aid healthy digestion.

When you sit for your meal, turn off all distractions and focus on your immediate experience. Before you begin to eat, pause. Look at your food; take notice of the scent.

When you eat take small bites and eat slowly. Be fully present in the moment with your experience.

5. Slow Down!

Our culture is one of business, effort, deadlines, striving and achieving. The information age has us racing through life at a pace that would make our forefathers heads spin— but are we happier?

Many of us rarely allow ourselves to slow down and be fully present for the precious moments of our lives, and we’re shortchanging our lives living like that.

Physically slowing down helps us to mentally slow down. We get more pleasure out of life when we slow down like this. Take some time out to eat a meal and really connect with your family (With the TV off!). Walk barefoot on the grass, enjoying the sensation. Take time to connect with a customer instead of “selling” to them. Do one thing at a time and be there, fully.

6. One thing at a time

For a couple of decades now, the catch phrase has been “multi-tasking.” Some people boast of their multi-tasking abilities on their resumes or at job interviews, others do it among friends and family as they talk about the things they try to get done in a day.

There is a myth that multitasking make us more productive; in reality, it drains us faster. Trying to spread our attention so thin and keep up with so many things makes us more prone to mistakes. We’re not more productive; we’re just busier, both mentally and physically, exhausting ourselves needlessly.

Try changing your focus to doing just one thing at a time. Take on each task with full awareness, one by one. When mindfully doing a task, you’re less prone to rushing, mistakes or forgetting details. You’ll find you can be more efficient with the task, and finish it without feeling worn out or tense.

When your ‘doing’ simply be there fully, with all of your attention, for each moment of it.

Remember – Life is not a to-do list. It’s meant to be enjoyed!

7.’Watch’ the Mind

Through self-observation, mindfulness automatically streams into your life. The moment you realize you are not being mindful – you are mindful! You have stepped out of the continuous mental dialogue of the mind and are now the observer. You are now watching the mind instead of being swept of in its current. Anytime you watch thoughts, you are being mindful.

Start listening to the voice in your head as often as you can, especially any repetitive thought patterns. As you listen, aim to do so an impartial witness. You’ll soon realize, “there is the voice, and here I am listening to it. I am not the mind.”

The key is this – Don’t believe your thoughts. Don’t take them all that seriously. Watch them, question them. In this way, thoughts and conditioned, reactive ways of living and thinking lose their hold over you. You no longer have to play them out.

8. Nothing Time

Living in a culture where idleness is frowned on has made many of us forget how to be still and do nothing at all. The mentality has been ingrained in us that screams, do, do, do! Go, go, go! The idea of sitting and doing nothing can be so foreign to us, it makes many feel uncomfortable—guilty, even.

We don’t have to be doing all the time, though. Take some nothing time each day. Even if it’s just five minutes, sit for that five minutes and do… nothing.

Sit silently in a favourite chair or in a sunny spot outside. If possible without mobile phones, beepers or other distractions near you. Become still. Bring your full awareness into the present moment and to your sensory perceptions. All that exists for you is the here and now.

You may be amazed at how pleasurable and satisfying it is just to ‘be’ – How much taking five minutes from your day will give back to your life.

9. Mindful Walking

Walking can give you a chance to spend time being mindful without taking any extra time from your day. Whether you’re walking around your neighborhood, from the car to the store or through the hallways at work, you can turn it into a meditative exercise.

Before even rising out of your chair, turn your attention to your intent to walk mindfully. Rise and allow yourself to become aware of the sensation of standing. Put your attention on your body. Pause; take one conscious breath.

Begin to move your feet. If possible you can walk slowly and deliberately to aid you in your practice. Notice how the floor feels under your feet, how your clothes feel swishing around your body. Pay attention to the details in your surroundings—the architecture of the building, the plants you are passing, and the birds singing in the trees. Be present in your here in and now experience.

Aim to be there for every step.

“Walk as if you are kissing the Earth with your feet.” 
― Thich Nhat Hanh

10. Come to Your Senses

The essence of mindfulness is the ability to let go of the minds noisy compulsive chatter and to touch deeply the stillness that lies underneath. To be mindful is to be in a state are your highly alert and not ‘lost’ in thinking. To access the state you can use your senses. Wherever you are and whatever you’re doing give your senses your fullest attention. You can turn any moment into a mindfulness practice by this method.

Whatever you sense, go into it fully. Explore the world with your senses. Visually observe details of your environment, such as the curve or a tree branch or the arch of a doorway, or the play of light in the room you are in. Be fully engrossed in the looking but without mental labeling of any kind. Look with ‘bare awareness’.

As you go about your day be mindful of the feel of sun on your skin or the wind in your hair when you leave the house. Be mindful of the softness of a chair, or the smoothness of a stone. Take a breath, and put your focus on what scents you’re taking in.

To be fully engaged in sense perception like this draws attention into the moment and out of all that mental noise. It brings a sense of fresh aliveness and wonder into our day.

11. Urge Surfing

Sometimes we have urges, cravings, impulses—addictions even.

These can actually be transformed into a wonderful ‘wake up call’ into mindfulness.

The next time you feel an urge, know that you don’t have to fight it; you don’t have to follow or give into it either. You can simply be there to observe it with mindful awareness.

This technique is sometimes referred to as urge surfing.

Urges ebb and flow, just like waves. With urge surfing, we bring awareness into the urge itself—how it feels in the body, in the moment. We simply acknowledge we are having an urge and we allow it to be there without getting caught up in the thoughts about it. In this way we ride it out instead of pushing the urge away or following it.

If a sensation of craving comes to you or you notice yourself having impulsive thoughts – see if you can firstly simply acknowledge their presence “oh I’m feeling a craving for chocolate”. Observe it directly, as an impartial witness.

Notice if the craving has a physical sensation in the body. Note if you are having ‘wanting’ thoughts. See them for what they are – just thoughts. Aim to remain ‘present’ for the duration of the wave which usually only lasts maximum of 30 minutes.

Each time you successfully surf an urge, you make it easier to do so next time. Urge surfing can, with practice, liberate you from addictive and compulsive behaviors while bringing the benefits of mindfulness into your life even more.

Best of wishes. Let me know how you go!

Love

Melli